Vers le refuge des Drayères, un beau jour de juin…

Des Chalets de Laval au refuge des Drayères

Nous profitons du beau temps annoncé et du répit que nous laisse encore le tournage de la série policière « Alex Hugo » pour continuer à remonter la Clarée sur une autre portion.

Cette fois nous partons des Chalets de Laval, où se trouve le terminus de la route goudronnée (2030 m). La balade vers le Refuge des Drayères (2180 m) est très facile. Il suffit d’emprunter le grand chemin de terre qui monte régulièrement, et sans trop d’efforts, jusqu’au replat final surplombé par le chalet-refuge. La dénivelée ne va pas trop nous épuiser et nous pourrons flâner à notre aise pour prendre des centaines de photos…

Comme souvent ces temps-ci, le ciel est d’un bleu intense et immaculé vers 8 h du matin. La fraîcheur est très agréable et il n’y a pas de vent. Une belle promesse de beau temps, pour la plus grande partie de la journée! Par contre, dès nos premiers pas, c’est un festival de flaques d’eau au beau milieu du chemin, ce qui laisse présager des chaussures rapidement mouillées… Mais, pour l’instant, les mini mares sont plutôt jolies car elles servent de miroir aux majestueux sommets des Cerces!

Le premier sommet qui s’impose à nous est la Crête des Béraudes. Le très populaire Lac des Béraudes, bien sûr invisible d’ici, se niche à ses pieds, au niveau du col.

Mais ces pics qui s’élancent élégamment vers le ciel et attirent le plus le regard, ce sont les Tours de Crépin (2942 m), également nommées Main de Crépin. Cette main avait 5 doigts mais elle a perdu son index en 2016. Cet évènement est remarquablement raconté et illustré par le site de Vallouimages, une référence pour le Briançonnais.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la Main de Crépin n’est pas le sommet le plus haut du Massif des Cerces, c’est juste une illusion de perspective. Il est battu de peu par la Pointe des Cerces (3097 m), en retrait à sa gauche, qui, vue d’ici, n’a rien d’une pointe, mais ressemble plutôt à un replat.

La lumière particulièrement belle de cette matinée est une aubaine pour user et abuser du téléobjectif, afin de saisir, sur fond de ciel d’un azur très pur, les détails des formes dolomitiques, si caractéristiques des Cerces, avec leurs pointes terriblement acérées.

Dès le départ le ton est donné: il y a des fleurs partout! Mais pas celles que nous trouvons habituellement en juin, quand l’été est déjà là, avec ses rhododendrons d’un rose éclatant ou ses somptueux lis martagon. Non, il y a beaucoup de retard dans la floraison, à cette altitude de plus de 2000 m! Ce sont vraiment des fleurs du printemps, celles qui viennent plus ou moins rapidement après la neige: primevères, pensées et violettes de toutes les couleurs, et même encore des crocus blancs et roses. La neige a été abondante cet hiver. Elle est restée longtemps. Elle est même encore tombée plusieurs fois en mai. Il a souvent fait froid, ce qui a sérieusement retardé la végétation. L’herbe n’a pas encore repoussé partout, on s’en rend compte au fur et à mesure que l’on monte. Les bergers savent que les pentes d’altitude ne sont pas encore prêtes à offrir une herbe suffisamment haute pour nourrir leurs troupeaux, c’est pourquoi ils s’attardent encore dans le fond des vallées, où l’opulence est déjà franche et massive, surtout le long des cours d’eau.

Notre chemin nous fait rapidement prendre de la hauteur par rapport à la Clarée. On dirait que pour varier ses plaisirs elle s’amuse à s’enfiler dans des gorges étroites où elle écume et éclabousse tout ce qu’elle rencontre.

Comment ne pas s’arrêter un bon moment devant ce nouveau miroir, encore plus spectaculaire… Nous ne nous lassons pas d’admirer ces paysages d’une très grande beauté.

Sur le large replat des Drayères la Clarée ne trouve pas d’obstacle et s’étale, bien à l’aise, montrant toute sa puissance…

Nous nous rapprochons peu à peu du fond de la vallée. D’autres sommets apparaissent, barrant l’horizon. C’est là-haut, au-dessus des Drayères, dans le Lac de la Clarée, que la rivière, ou plutôt le torrent en ce moment, prend sa source.

L’approche des Drayères est de toute beauté, au milieu des tapis de renoncules blanches des Alpes et des gagées jaune d’or. Le chalet est fermé au public aujourd’hui. Mais on dirait qu’il y a du remue-ménage à l’intérieur et qu’il ne tardera pas à ouvrir pour de bon, mettant fin à un long confinement, lui aussi. Ce serait si sympathique de pouvoir y manger un morceau, ou, à défaut, d’y prendre un rafraichissement!

Anémone pulsatile mille-feuilles Anemone alpina subsp. millefoliata
Anémone pulsatille soufrée - Anemone alpina subsp. apiifolia

Autour du chalet, une profusion de magnifiques anémones blanches et jaunes, des gentianes…

Un pêcheur tente sa chance...

Heu-reux! Les randonneurs du jour, juste avant d’entamer le retour par la rive droite de la Clarée.

Magnifique, ce sentier de la rive droite de la Clarée! Il nous offre des vues rapprochées des pics des Cerces. Nous crapahutons un peu mais ce n’est pas difficile. Par contre, que d’eau, que d’eau sur les sentiers! Au moins une dizaine de « cascades » à traverser avec précaution…

Au bout de la balade, quelle surprise! Nos amies de randonnée sont déjà de retour et sèchent leurs chaussures bien trempées!

A bientôt pour de nouvelles aventures!

Voir aussi sur ce blog les articles précédents sur la Vallée de la Clarée et alentour

Neige et soleil à Névache 2021

Vers les Col de l’Echelle dans la neige 2021

Vers Fontcouverte, dans la neige 2021

Automne en Vallée de Névache 2017

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Bientôt la suite…