Autour du Col Bayard (05)

21 juin 2017 – Jour 2/4
Autour du Col Bayard (05)
Sortie botanique: tourbières et pentes calcaires

 

Bernard explique la destination du jour...

Bernard explique la destination du jour…

Depuis Gap, le Col Bayard (1248 m) se gagne en quelques kilomètres de lacets sérieux et en une belle dénivelée de 600 m. Pas étonnant que le Tour de France aime y grimper! C’est un passage routier très fréquenté entre les Alpes du Sud et les Alpes du Nord. Il constitue aussi la ligne de partage des eaux entre les bassins de la Durance et celui de l’Isère.

Sur notre gauche, la frange des premiers sommets calcaires de la chaîne du Dévoluy et sur la droite, les contreforts des Ecrins et l’entrée de la Vallée du Champsaur , où se situe le plateau que nous allons explorer aujourd’hui, près du petit village de Saint-Laurent du Cros.

A ma grande surprise, la sortie de ce jour figure comme balade N°11 sur un dépliant qui peut donner d’autres idées d’exploration au sein de cette belle région du Champsaur et du Valgaudemar. Avec des amis ou en famille, nous y avons déjà usé nos chaussures de randonneurs, au plus près des Ecrins, mais il reste encore un grand nombre de balades à faire et de patrimoine à découvrir…

Rendez-vous à l’église de Saint-Laurent-du-Cros, où le temps d’attente n’est pas du temps perdu: les botanistes en profitent pour regarder les fleurettes qui égayent les petites friches près des maisons, auxquelles le passant lambda ne prête aucune attention au quotidien, car ce sont juste des fleurs sans prestige:  la ballote noire, cette lamiacée à petites fleurs roses, les petits soleils ébouriffés de la crépide bisanuelle, les petits bouquets blancs du tabouret des champs ou le galéopsis intermédiaire, autre lamiacée velue, presque anonyme. Depuis l’église on aperçoit le Dévoluy au-dessus d’un champ de céréales, si ensauvagé d’herbes folles et de coquelicots qu’on se demande s’il est cultivé ou abandonné…

Saint-Laurent-du Cros - Champ ensauvagé d'herbes folles et de coquelicots...

Saint-Laurent-du Cros – Champ ensauvagé d’herbes folles et de coquelicots…

Sagne Staïse et/ou Sagne de Canne – 1278 m

 

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Un petit bout de route plus loin, et nous voilà au milieu du plateau et de ses vastes prairies fleuries, le Dévoluy toujours à l’horizon. Il y a là deux sagnes que nous allons explorer. Nous commençons par la Sagne de Canne (1278 m), ou Staïse.

Cliquer pour agrandir les photos!

L’approche se fait entre des étendues de hautes graminées, décoiffées par le vent, où foisonnent les rhinanthes et les gaillets vaporeux, jaunes et blancs, et bien d’autres classiques encore. Les abords des tourbières sont déjà très intéressants et le chemin est bordé de massifs d’épilobes au mieux de leur forme…

Nombreux sont aussi les rosiers. Dans notre groupe, c’est Pierrette qui affectionne tout particulièrement les rosiers sauvages. Elle nous éclaire sur leurs différences, quelquefois évidentes, mais souvent si subtiles, que sans aide, elles passent inaperçues aux yeux de la novice que je suis.

Et voici, ci-dessous, un petit résumé en photos de ce que nous avons trouvé en nous approchant des zones humides, là où l’herbe commence à s’humidifier, et tout cela sur quelques mètres carrés seulement, c’est incroyable…

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L’œil bien éveillé, il s’agit de scruter le sol plus ou moins spongieux et d’en faire un petit inventaire, en espérant, bien sûr, y trouver les petits trésors spécifiques du lieu, dont le beau dracocéphale bleu fait partie…

Vous avez dit « carex »?…

Carex, ou laîches, sont les rois des espaces humides. La cariçaie est un ensemble touffu de vastes paquets d’herbes à rhizomes, qui poussent les pieds dans l’eau. On en a jusqu’aux genoux tandis que les pieds se mouillent… Plusieurs sortes se mélangent, allez donc vous retrouver dans cet enchevêtrement!

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Leurs feuilles longilignes me paraissent rêches et coupantes. Leurs « fleurs » ou « fruits » en épis sont de taille modeste, collés le long, ou au bout, d’une tige très fine. Cette plante est très difficile à photographier, car la mise au point est laborieuse…

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Les amateurs de fleurs mignonnettes n’auraient jamais l’idée d’aller voir de près ces herbes à l’aspect plutôt austère… Mais voilà, les vrais botanistes prennent en compte d’autres considérations que celles, simplistes, que peut avoir ma personne ignare dans ce domaine. Ils adorent les carex, qui signifient un tas de choses pour eux. Ils font même des kilomètres pour aller rechercher les plus rares d’entre eux…

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Ici mes maîtres ès carex en ont dénombré 7 espèces au total, dont une, répandue dans les pays nordiques, mais rare en France, qui n’existerait, selon le panneau pédagogique du lieu, que sur le Plateau de Bayard, en Lorraine et dans le Jura:

la laîche de Buxbaum (Carex Buxbaumii), ci-dessous:

Laîche de Buxbaum (carex Buxbaumii)

Laîche de Buxbaum (Carex buxbaumii)

 

… rare aussi est la laiche à ampoules – Carex rostrata:

Laiche à ampoules - Carex rostrata

Laiche à ampoules – Carex rostrata

 

Plus courante est la laîche à urticules enflés, Carex vesicaria:

Laîche à urticules enflés - Carex vesicaria

Laîche à urticules enflés – Carex vesicaria

Et je n’ai pas été assez attentive puisque je n’ai repéré ni la laîche bleuâtre (Carex panicea), ni la laîche brune Carex nigra…  De même que je n’ai pas vu le choin ferrugineux (Schoenus ferrugineus) et autres encore… (Carex davaliana+Carex lepidocarpa)… Allez, je ferai des progrès à la prochaine session!

Ces fleurs qui aiment l’eau…

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Nous consacrons une attention très particulière aux plantes qui ne vivent que dans les lieux humides, souvent signalés par les hampes gracieuses des linaigrettes qui volent au vent. Quelle surprise de voir le nombre d’insectes et de papillons qui s’aventurent ici! En plus du pollen et du nectar, ils se désaltèrent dans les petites flaques d’eau, une bénédiction par ces temps très chauds!

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Côté orchidées, il y a le choix!

A la recherche des orchidées

A la recherche des orchidées

 

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Pique-nique à l’ombre…

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Un p’tit tour au Col de Gleize, avant l’orage…

Quelques lacets au milieu de vastes pâturages à moutons nous conduisent au Col de Gleize (1696 m), qui nous offre une vue splendide sur le Plateau de Bayard et la Vallée du Champsaur, déjà mangés par les nuages qui s’accumulent et nous préparent un orage. Ce ciel chargé nous avertit que l’exploration botanique ne sera que de courte durée si nous ne voulons pas être saucés…

Vue depuis le Col de Gleize

Vue depuis le Col de Gleize

Nous sommes frappés par la quantité de gros buissons de rosiers sauvages, où plusieurs variétés se mêlent. Un panneau nous indique que nous entrons dans la ZNIEFF (Zone d’Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique) de la  Forêt domaniale de Gap-Chaudun-Bois du Chapitre et ubacs du Pic de Gleize. PDF de la ZNIEFF ICI

En nous engageant sur le sentier de la forêt nous pénétrons dans la « Réserve biologique intégrale du Bois du Chapitre » qui, d’après l’information offerte, renferme de vrais trésors, que nous n’aurons pas le temps de rechercher aujourd’hui. Nous nous contenterons d’explorer un adret sec et quelque coins boisés… Mon diaporama ci-dessous sera juste un modeste méli-mélo de notre court inventaire…

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En poursuivant le trajet, nous pourrions arriver à l’ancien village de Chaudun, isolé du monde, et dont il ne reste que quelques ruines… Nous rencontrerions aussi les sources du Petit Buëch! 

En voyant les merveilleuses photos de Bertrand Bodin, je n’ai qu’une hâte: revenir ici et poursuivre la découverte….

gleize (29 sur 33)

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Retour sous la pluie...
Inventaire établi par les botanistes du jour Gap 2017 Jour 2 21-06-17 Col Bayard – Col de Gleize
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